Zone Autonome Temporaire

20 août 2008

Les héritiers de 68


Les heritiers de 68
envoyé par mozinor

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24 juillet 2008

Non au formatage musical

Commentaire d'Hame, rappeur du groupe La Rumeur, sur la façon dont on produit la musique actuelle, suivi d'un featuring avec Archie Shepp.

Posté par fightthenorm à 21:31 - Musique - Rétroliens [0]

21 mars 2007

La chanson de la semaine (IAM - La fin de leur monde)

IAM est un groupe de rap français, originaire de Marseille, créé en 1989 et composé de Akhenaton (Philippe Fragione), Shurik'N, (Geoffroy Mussard), Freeman (Malek Brahimi), Kheops (Eric Mazel), Imhotep (Pascal Perez), et Kephren (François Mendy). Le sigle IAM a plusieurs significations, notamment « Invasion Arrivée de Mars », « Je suis » traduit de l'anglais, « Imperial Afro-asiatic Men » ou encore « Indépendantistes Autonomes Marseillais ».

FIgure emblématique du rap hexagonal des 90's avec NTM, leur premier album "De la planète Mars" sort en 1991. Suivra l'excellent album "Ombre et lumière" en 1993. 1997 marque une date importante pour le hip-hop français avec la sortie de leur 3ème album "L'école du micro d'argent", une bombe qui mettra tout le monde d'accord et convertira beucoup de monde au rap en France. C'est selon moi le meilleur album de rap français des années 1990 (et donc de tous les temps), avec "Paris sous les bombes" du Suprême NTM, sorti en 1995. Le milieu des années 1990 constitue en fait l'age d'or du hip-hop en France. Malheureusement la fin des années 1990 sera marquée par un déclin du rap français, avec des productions plus que limites, sans textes ou convictions d'envergure.

Après quelques albums solo des membres du groupe, IAM ressort un album en 2003 "Revoir un printemps". Malheureusement, à part quelques titres "sympas", rien à voir avec les anciens albums. Avec des sonorités r'nb donnant aux couleurs de l'album une teinte variété franchement inaudible pour beaucoup d'amoureux du vrai rap et un flow de faible qualité... cet album est selon moi le pire sorti par le groupe. Cela n'empêcha pas IAM de sortir des titres de qualité avec celui présenté ici: "La fin de leur monde". Réalisé uniquement à partir d'images réelles, e clip a été censuré à la télévision.

IAM lance leur nouvel album intitulé Saison 5 le 02 avril 2007 dont le 1er extrait s'intitule Une autre brique dans le mur. Espérons qu'il relève le niveau du précédent !!!

Paroles:

Histoire de ma terre en pleurs

Mais les choses ici prennent une telle ampleur
Les fils partent avant les pères, y a trop de mères en sueur
Quand les fusils de la bêtise chantent le même air en cœur
Le mangeur d’âme à chaque repas s’abreuve de nos rancœurs
Je l’entends toutes les nuits, las des fantômes qui la hantent, las de leurs complaintes,
Tellement que des fois elle en tremble
Par le sang de la haine, constamment ensemencée,
Au pas cadencé, quand ce dernier chasse le vent hors des plaines
Rien n’a changé depuis, où je vis, Juifs, Catholiques,
Musulmans, noirs ou blancs, fermez vos gueules, vous faites bien trop de bruit
Comme ces orages dont l’eau se mêle à nos larmes, et leurs chocs
Sur le sol aride dont l’uranium à voler l’âme
Je veux pas d’une ville au cimetière plus grand que la surface habitable
Même si paraît que de l’autre coté tout est plus calme, plus stable
Je veux pas qu’après le jour J, les survivants survivent sous le néon,
Trop proches du néant, car le soleil les prive de rayons
Les artères pleines d’amer comme un caddy au Géant,

On charge, on charge, à la sortie c’est tout dans les dents
J’crois que c’est dans l’air du temps, chacun cherche son bouc émissaire
Ouais, d’une simple vie ratée à l’envoi d’une bombe nucléaire
L’amour manque d’air dans leur monde, nous on suffoque, tout ce qu’on supporte,
Ca pressurise, et c’est les psys qui vont exorciser, que quelqu’un me dise,
Si j’ai des chances de voir enfin la paix exigée. Qu’un jour les abrutis s’instruisent,
Perché sur ma plume, j’attends c’ moment observe ce bordel
De petites flammes montées au ciel, pour elle j’ai saigné ce gospel
Héra se barre à tire d’ailes ; las de la sève qu’on tire d’elle
On clame tous ce qu’on l’aime, mais aucun de nous n’est fidèle
Jalousie et convoitise, se roulent de grosses pelles
Quand les problèmes viennent, on règle ça à coup de grosses pêches
Et pendant ce temps là, certains amassent des sous par grosses bennes
Devine qui est ce qui creuse mais avec des plus grosses pelles
Quand est ce qu’on y arrive, là où le bonheur désaltère
Mon futur se construit, sans cris, sans mecs à terre,
Ni de centrale en fuite rien sur le compteur Geiger

Et finalement conscient qu’ici, on est que locataire
Tu parle d’une location, regarde un peu ce qu’on en a fait
Quand le vieux fera l’état des lieux, on fera une croix sur la caution
On aurait du le rendre comme on nous l’a donné,
Clean, sans taches, et innocent comme un nouveau né,
Seulement les nôtres meurent de faim en Afrique
Et y a pas assez de fric pour eux
Alors la dalle faudra la tempérer
Les hommes tombent sous les rafales racistes,
Mais on peut rien pour eux,
Alors les balles faudra les éviter
Le cul devant la télé, occupé à rêver,
le doigt poser sur la commande, on se sent exister
On râle, on gueule, on vote, espérant que ça va changer
Mais dresse tes barricades et tu les verra tous hésiter
Garni d’incompréhension et de stèles géantes,
Le globe rêve de compassion et de bourgeons renaissant sur ses branches

Les mêmes qu’on laissera crever un soir de décembre, dans le silence,
Juste un bout de carton pour s’étendre,
Tout le monde à ses chances, de quelle planète vient celui qu’à dit ça ?
Un homme politique, je crois, live de Bora Bora
Pendant que les foyers subissent, façon Tora-Tora,
Mais bon c’est bien trop bas, alors forcément il ne nous voit pas
Paroles et paroles et paroles, ils ont promis monts et merveilles,
Mais les merveilles se sont envolées,
Il reste que des monts, mais c’est raide à grimper
Et au sommet, y a que des démons en costumes cendrés
Et en bas, c’est les jeux du cirque, César Avé
Parce qu’on va se faire bouffer par des fauves qu’ils ont dressés
On note une sévère chute de sang sur la mappe, une montée d’air noir
Un jour on payera cher pour une bouffée d’air pur
Ici c’est chacun sa culture, chacun son racisme
Seulement sur fond blanc, c’est le noir qui reste la meilleure cible
Les temps changent c’est sur, mais y a toujours des irascibles

Ils ont le bonjour d’Henry, d’Arron, Mormeck et Zinédine
A l’heure où les gens dînent,
Y en a encore trop cherchent, pour eux pas de 8 pièces, ils crèchent au parking
Tout le monde s’en indigne,
Ca dévalue le quartier, ça effraye mémé,
Et on sait bien ce que mémé va voter
Du haut de leurs tours de biz’, droites comme la tour de Pise
Jumelles sur le pif, ils fractionnent, divisent à leur guise
On s’étonne ensuite que ça finisse en fratricide
Car tout ce qui compte c’est de gonfler les commandes de missiles
Vive la démocratie, celle qui brandit la matraque, face à des pacifistes,
T’es pas d’accord, on te frappe,
Multirécidivistes : c’est jamais ceux là qu’on traque
Ils vivent en haut des listes et mettent leurs tronches sur les tracts
Ce monde agonise, vu ce qu’on y fait, c’était prévisible
Comme la goutte sur le front, dès que la merde se profile
Mais la peur atrophie les coeurs, peur de tout ce qu’on connaît pas

Alors on se barde de préjugés débiles
De partout les extrêmes dominent, en prime time,
A chaque fois qu’ils déciment une famille
Et bien avant ces régions où sévit la famine
Image trop crue pour un beauf devant sa viande trop cuite
Lui qui croyait que l’Euro ferait beaucoup d’heureux,
Pour les vacances faudra attendre un peu ou gagner aux jeux
Mais là c’est pas trop l’heure, demain très tôt y a le taf’
Comprend ce monde va trop vite, aucune chance qu’on le rattrape
Sur la route des principes, ils ont mis des pièges à Loups,
Des gilets dynamites, et des scuds y en a un peu partout
Faudra faire gaffe aux mines, aux puits d’où la mort s’écoule
Il a beau être vif, mais à la longue il évitera pas tout
Et un de ces quatre il finira par tomber,
J’espère qu’il y a aura quelqu’un pour aider le prochain à se relever
J’espère qu’il sera pas comme le notre, aigri et crever
Et j’espère surtout que celui-là essayera pas de se faire sauter

Tu sais, on vit dans la télé,
Le globe s’est fêlé,
Ils servent de l’emballé mais en vrai c’est la mêlée
On s’prend à espérer des choses simples
Mais leur fabrique à peur s’est mise en branle
Tout ça pour les dérégler
cris sans cicatrices, terreur dans la matrice
Ils disent qu’une vie de plus à New York Paris Londres ou Madrid
Alors c’est comme ça une échelle dans la peine
On aime ces catastrophes quand des gens manquent à l’appel
Surtout s’ils nous ressemblent, on les filme à la morgue,
Et nous dans les sofas content d’échapper à la mort,
Il reste dans les cœurs l’anomalie appelée peur
Et grâce à ça de toute part ils ont recours à la force,
C’est une révolution, cette fois elle est de droite
Voilà pourquoi le chantage à l’emploi dans pleins de boîtes

Voilà pourquoi ils veulent à tout prix implanter la croix
Et face à la télé souvent on les croit dans leur droit,
Ils disent c’est humanitaire
Mais ils niquent les mers et la terre pour chaque écart c’est la guerre
Si le quotidien est précaire,
C’est qu’ils nous dressent à être délétères et se contenter de joies éphémères
Si l’Afrique est en colère, c’est parce que les trusts la pillent
Seuls les généraux corrompus coopèrent et jouent des vies au poker
Est-ce que la rancœur et le désir d’revanche est tout ce qu’on leur a offert ?
On parle du droit des femmes quand leurs maris les frappent,
Avec des clichés religieux sortis tout droit des fables
Comme ci ici elles étaient bien depuis le Moyen-Âge
Mais c’est en 46 que c’est ouverte une nouvelle page
Maintenant elles nous valent, on dit dans les ouvrages
Pourquoi elles touchent moins de pognon à compétences égales ?
Pourquoi elles seraient moins faites pour êtres responsables ?
Alors qu’elles nous ont tous torché le cul nu dans le sable

On force sur la boisson, parie sur les canassons
Mais la réalité c’est qu’ils nous font bouffer du poison
Et dans l’hôtel du bonheur beaucoup font la valise,
L’ espoir tué par des fanatiques libéralistes
Pas de bombes sales , ni de grosses salves
La stratégie est simple ils exploitent et ils affament
Quand on les voit à la télé ces cons ont l’air affables
Mais le monde est à genoux quand ces bandits sont dix à table
Des comptes sous faux noms ils prétendent agir au nom de la liberté
Mais c’est la monarchie du pognon
La France et les States par factions interposées
Se livre une guerre en Afrique, et tu veux rester posé ?
Freedom par-ci démocratie par-là
Mais j’ai maté sous la table et j’ai vu que c’était que des palabres
La vrai mafia non la cherche pas en Calabre ni dans ce bled
Où dans les quartiers pauvres à quarante ans on tombe malade
A fumer du mauvais tabac et manger de la merde

Où le xanax fait un tabac avec l’alcool fort
Les rues deviennent des grosses forges
Et le métal y est commun monté sur grosses crosses
La violence au quotidien de tant de gosses pauvres
Et moi j’attends l’apocalypse après cette apostrophe
J’en ai marre de tous ces mensonges qu’ils colportent
Pour les servir , dans de nombreux cas il y a mort d’homme
Tous terroristes j’entend leurs théories
Porter le sacrifice pour des principes c’est horrible
Les mômes survivent nourris à l’eau et au riz
Pendant que leur pouffes se baladent à Aspen ou St Morritz
La flore crame la faune canne
Dis, c’était des barbus qui lâché l’agent orange sur le nord Vietnam ?
Non c’était les boys mais qui peut m’indiquer la justesse d’une cause
En partant de là chacun écrit ses droits
Désolé je trouve aucune excuse à Hiroshima
On peint l’histoire comme on colorie vite une image

Et peut importe qui se fait tuer chaque fois je le vit mal
On croit en nos gendarmes qui servent et nous protègent
Du moins, est ce au Rwanda quand ils jouent du lance-roquettes ?
Pour placer le pantin qui conviendra a la France
Une casserole de plus au ministère de la défense
Il se crêpe le chignon au fond ils sont ignobles
Sur la conscience des députés y en a plus d’un million
"Quand ils font les aiguilles nos politiques ont des chignoles"
Défilent sur des chars le 14 , ils se bignolent au son de la marseillaise
Et d’une imagerie guerrière qu’ils veulent gentiment refiler aux élèves de leur appart dans le 16
On voit un tableau différent : ils disent croire en dieu mais croit en ce qu’ils possèdent
Ils trouvent même pas un corps dans les ruines du world-trade mais sortent des débris le passeport de Mohamed
Je peux plus exprimer combien on trouve ça grotesque
Tu comprends pourquoi ça, le désir dans les bibliothèques
Au collège de le vie ils jouent les profs d’histoire
Et abreuvent le quotidien de milles sornettes illusoires
On a batti une forteresse on l’a nommée Alamut

Coincé physiquement entre garde à vue et garde à vous
Compte tenu de la pression patriotique j’admire les gens de gauche en Israël , en Amérique
est ce qu’on vaut mieux en France
désolé si j’insiste mais regardons nous franchement,
on est aussi racistes, ensuite on vend de la liberté au marché public,
putain le drame avec les valeurs de la république.
La république, elle passe ces week-end en régate
puis se prostitue de toutes parts pour un airbus ou une frégate,
elle exécute dans une grotte des opposants kanaks
et mange à table avec des gars style Giancanna
puis explose le rainbow warrior
et dessine les frontières du tiers monde à la terrasse du Mariot,
sponsorisent les fanatiques aux 4 coins du monde,
les entraînent aux combats et manipuler les bombes
le collier casse, ces cons échappent à tous contrôles
et quand ils mordent la main du maître alors on crie aux monstres.
ils discutent notre futur autour d’un pichet

pour notre sécurité, zarma, ils veulent nous ficher.
C’est la france de derrière les stores
et j’en ai marre de me faire gruger
par des tronche de dispensés de sport.
je me bats pas pour la Porsche mais pour un meilleur monde
avec mes petits bras
Souvent à cette époque ou la terreur gronde
ou la frayeur monte, je travaille sur moi chaque seconde
pour être un meilleur homme.
On vit en ces temps où dans un taudis de Paris.
36 gosses meurent brûlés vifs quand les demandes en HLM dorment
depuis des années dans les archives
alors que des employés de la mairie en obtiennent avec terrasse et parking
t’appelle pas ça du racisme ?
après ils pleurent quand perdu on revient aux racines.
ils ont caricaturés nos discours radicaux
et l’ont résumé par wesh wesh ou yo yo !

Nous complexés, si peu sûr de soi,
on s’interpelle entre nous, comme rital, rebeu ou renoi.
Chaque jour, la grande ville resserre l’étreinte
et tu peux voir les noms des nôtres évaporés écrits sur des trains.
Ma vie, un mic, une mix-tape, loin des ambitions
de ce qui sera élu président en 2007
j’adore ce moment où il dévoile le minois
de qui devra tailler des pipes monumentales aux chinois.
à défaut d’argent putain, donnons du temps,
dans nos bouches le mot liberté devient insultant
car c’est les soldats qui le portent et non plus le vent
comme si le monde était rempli de cruels sultans.
Mécontent des schémas qu’on nous propose, je cultive maintenant
les roses dans mon microcosme.
Mesure les dégâts minimes que mon micro cause. Ca ne peut qu’aller mieux alors j’attends la fin de leur monde...

Posté par fightthenorm à 11:40 - Musique - Rétroliens [0]

15 février 2007

La chanson de la semaine (Le grand incendie - Noir Désir)

Fer de lance du rock français, Noir Désir est le groupe emblématique des années 90 en France, mais aussi dans les années 2000. L’histoire du groupe commence en 1980 quand Bertrand Cantat débarqué de Normandie, rencontre dans un lycée bordelais ceux qui seront ses partenaires dans l'aventure du groupe : Denis Barthe (batterie), Serge Teyssot-Gay (guitare) et Frédéric Vidalenc (basse).

Réunis à une période où le punk et la new wave sont en perte de vitesse, les quatre garçons sont pourtant des amateurs de ces courants musicaux. Entre 81 et 84, ils passent beaucoup de temps entre les bars et les studios où ils répètent de façon informelle, plus pour leur propre plaisir que dans une optique professionnelle. Quant à Bertrand Cantat, véritable leader du groupe, il commence à ce moment là à s'intéresser beaucoup à l'écriture, à la poésie (Rimbaud et Mallarmé sont ses favoris). Ne jouant d'aucun instrument, il est naturellement amené à chanter.

Le groupe est politisé et milite contre la mondialisation capitaliste (The Holy Economic War, L'Homme pressé, L'Europe) et contre le fascisme (Here It Comes Slowly, Un Jour en France).

Lors de la cérémonie des Victoires de la musique, Bertrand Cantat s'illustre en fustigeant Jean-Marie Messier, alors président de Vivendi Universal, distributeur et producteur de Noir Désir. « Nous vivons sur la même planète, mais nous ne sommes décidément pas du même monde » a-t-il déclaré, aux côtés de Jean-Luc Delarue, présentateur soudainement désorienté. Le groupe a également participé à plusieurs concerts caritatifs et aux événements d'Avril 2002.

« Le grand incendie », morceau extrait de l’album « Des visages, des figures », fait référence à la fin de babylone. Le disque est d’ailleurs sorti, par un hasard curieux, le 11 septembre 2001.

visages_figures

Ca y est, le grand incendie
Y’a l’feu partout, emergency
Babylone, Paris s’écroulent
New York City
Iroquois qui déboulent
Maintenant
Allez

London, Delhi, Dallas dans l’show
Hommage à l’art pompier
T’entends les sirènes, elles
Sortent la grande échelle
Vas-y
Go

Hommage à l’art tectonique
Un techno-picnic sur la terre éventrée
Mais la faille est creusée, atomisée
Claudia Schiffer dit qu’elle a même pas peur
Et tout le monde applaudit à la télé
Ressaisis-toi, ressaisis-toi
Faut courir maintenant, elle, elle est dans un bunker
Y’a plus de programme, y’a même plus d’heure
A vous l’antenne

C’est l’incendie, le grand incendie
l’incendie, le grand incendie
l’incendie, le grand incendie

C’est le raz de marée
Les rats peuvent plus se marrer
S’enfuir s’cacher
Dans une planque s’enterrer
La marge est infime
Au bord de l’abîme
Implosion, explosion mort aux cons riment
Crapules, salauds
Bourgeois, blaireaux
Chacun pour soi, ça détale dès qu’on a eu le déclic
Wanadoo
Do wap a doo
I wanna, I wanna, wanna go with you
Trop tard, petit, petit malin

Accélère, c’est pas le moment
Tu crois toujours que tu peux t’arrêter
Te jeter dans un coin te coucher
Oublier la cadence

Indemnités c’est peanuts t’auras rien
Cours ! Cours ! Cours ! Cours !
No limit à la fuite
Accélère

C’est l’incendie, le grand incendie
l’incendie, le grand incendie
l’incendie, le grand incendie
Sont dans tes yeux, je les ai vus

Paroles Bertrand Cantat
Musique Noir Désir

Posté par fightthenorm à 16:31 - Musique - Rétroliens [0]

28 janvier 2007

La chanson de la semaine (Le pays va mal, Tiken Jah Fakoli)

Doumbia Moussa Fakoly est né le 23 juin 1968 en Côte d'Ivoire. Issu d'une famille de griots, Fakoly découvre assez tôt le reggae et monte son premier groupe en 1987, nommé Djelys . C'est par la scène qu'il réussit peu à peu à se faire connaître au niveau régional puis national.

Très concerné par l'évolution sociale et politique de le Côte d’Ivoire, Tiken Jah ne tardera pas à écrire des textes incisifs sur la situation électorale qui fait suite à la disparition d’Houphouët-Boigny en 1993, ce qui lui valut une grande popularité au sein de la jeunesse. Il faudra attendre 1998 pour assister à sa première apparition en Europe, à Paris. Sa musique, comme il l’explique lui même, est faîte pour « éveiller les consciences ». Son thème de prédilection est l’injustice que subit la population de son pays d'origine, mais aussi et surtout du peuple africain.

Engagé, à travers son œuvre, contre la mainmise que l'Occident, particulièrement la France, a sur les richesses d'une grande partie du Continent Noir, notamment au Gabon, au Congo, il se bat également contre l’oppression politique qui se traduit par le contrôle des chefs d'États africains via les lobby français qui, quitte à provoquer des guerres, se démènent pour leurs intérêts. Cette proximité avec le peuple, ses aspirations et ses déceptions, fait de Tiken Jah Fakoly un artiste écouté par beaucoup et cela aussi bien en Europe qu'en Afrique.

Tiken Jah dénonce aussi, à travers ses autres chansons, le colonialisme et de la néo-colonisation, le problème des ventes d'armes à l'Afrique (vous pouvez en avoir un bon aperçu en regardant l’excellent « Lords of War » avec Nicolas Cage), du pillage de ses richesses et des soutiens occidentaux à la dictature, la corruption et l'exploitation de la population par les hommes politiques en Afrique.

Depuis 2003, Tiken Jah Fakoli vit exilé au Mali suite à des menaces de mort : des proches du président Laurent Gbagbo ont assassiné plusieurs de ses amis. Il est pour l'annulation de la dette des pays africains, et s'est rapproché du mouvement altermondialiste. Il s'est impliqué dans les manifestations anti-G8. Le morceau présenté ici est extrait de l'album Françafrique paru en 2002. "Le Pays va mal" fait référence à la situation de son pays natal, la Côte d'Ivoire, divisé à tous les niveaux.

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Refrain :
Le pays va mal
Mon pays va mal
Mon pays va mal
De mal en mal
Mon pays va mal

Avant on ne parlait pas de nordistes ni de sudistes
Mais aujourd'hui tout est gâté
L'armée est divisée
Les étudiants sont divisés
La société est divisée
Même nos mères au marché sont divisées

Refrain

Avant on ne parlait pas de chrétiens ni de musulmans
Mais aujourd'hui ils ont tout gâté
L'armée est divisée
Les étudiants sont divisés
La société est divisée
Même nos mères au marché sont divisées

Refrain

Nous manquons de remèdes
Contre l'injustice, le tribalisme, la xénophobie
Après l'ivoirité
Ils ont créé les ou les é o les é

Refrain

Djamana gnagamou'na
Obafé kan'gnan djamana gnagamou he
Djamana gnagami'na lou ho
Obafé kan'gnan djamana gnagamou
Magô mi ba'fé kagnan djamana gnagamou
Allah ma'ho kili tchi'la
Djamana gnagamou'la lou ho
Djamana gnagamou'la

Refrain


Note de traduction:
Le pays est dans la confusion
Ils veulent foutre le bordel chez nous
Que tous ceux qui veulent la perte de notre patrie
Soient chatiés par Dieu
La confusion règne
C'est le sauve-qui-peut général

Paroles et musique: Tiken Jah Fakoli

Posté par fightthenorm à 17:03 - Musique - Rétroliens [0]

24 janvier 2007

La chanson de la semaine (L'ombre sur la mesure, La Rumeur)

Originaire d'Elancourt, La Rumeur marque le renouveau du rap français dans les années 2000. Composé d'Ekoué, Hamé, Mourad, Philippe, Kool M (DJ) et Soul G (DJ), le groupe est subversif et s'attaque à des thèmes aussi divers que capitaux : Violences policière illégitimes, rapports Nord/Sud, chômage de masse...etc. Inventeurs du concept de "rap de fils d'immigrés", le groupe sélectionne les médias auxquels ils s'adressent, se méfiant des gros organes de presse, de télévision et de radio (au hasard Skyrock, une radio purement commerciale qui ne se soucie que du profit et contribue à produire un rap -peut-on appeler ça du rap? j'en doute- aseptisé et sans intérêt, tant sur le fond que sur la forme).

Le maître-mot en matière de promotion est donc le bouche à oreille. Ekoue et Hame, respectivement titulaires d'une Maîtrise de sciences politique et d'un DEA de cinéma, sont les principaux "porte-paroles" du groupe. Ils ont su développer un flow précis, clair et particulièrement efficace. Le Premier opus "L'ombre sur la mesure", sorti en 2002 après une brillante trilogie de Maxis contrasta fortement avec la médiocrité ambiante du rap d'alors. L'extrait suivant est issu de ce 1er album. Le refrain de ce titre fait référence au roman d'André Bink "Une saison blanche et sèche".

Prix Médicis étranger en 1980, ce livre fut interdit dès sa publication en Afrique du Sud, mais traduit dans une dizaine de langues. L'ouvrage raconte la vie de Ben du Toit, un afrikaner bien tranquille. Il vit à Johannesburg, et prend conscience de la condition de l'homme noir dans son pays lorsque Gordon, le balayeur noir de l'école où il enseigne, est arrêté pour avoir enquêté sur la mort suspecte de son fils en prison. Gordon meurt à son tour en prison, "suicidé". Ben du Toit prend la relève de l'enquête et tente de lever les ombres qui partout se lèvent autour de lui. Sa droiture et la confiance qu'il a encore dans le "système" lui font prendre des risques inconsidérés. Il en saura bientôt beaucoup trop. Il y perdra sa femme, ses filles et finalement la vie. Seul son fils restera son espoir posthume. Une référence littéraire typiquement signée La Rumeur.

Puisant leur inspiration à la fois dans le jazz, la soul, le funk et quelques musiques de films, le travail de Kool M et Soul G développe dans cet album un univers musical riche, varié et surtout en accord avec le rap développé par les 4 MC. Assurément l'un des tous meilleurs albums de rap français. Pour plus d'infos, vous pouvez cliquer sur cet excellent site: A contre sens. Sinon, consultez le Site officiel de la Rumeur.

larumeur

[Ekoué]

Je suis l'ombre sur la mesure, le violent poison à l'écart de tout soupçons. Dans ce sombre récit, dont personne se méfiera, il s'agira de sang sur les murs au crépuscule d'une bavure, je murmurais la haine enclavée dans les ZUP en région parisienne. L'amour comme rempart à la dérive, au registre de ces âmes charitables, plutôt naïves, se perd, donne à ma palabre son caractère. Sourire kabyle dans les artères de ma ville, voilà à quoi l'instinct de malfaiteurs, ma foi, se familiarisera. Aux effusions sanguines d’une trop commune routine. La rue se massacre sous le ciel des damnés ; n'importe quel trou du cul aujourd'hui est armé. Hier encore, l'ombre d'un regard de travers sur le pavé se dissipait dans un silence de mort. Le crime, désormais, a la parole trop facile, crois-moi, pour qu'on en rigole de joie sous ces lampadaires qui éclairent la misère. Et si j'exagère, l'obscurité la plus dense n'est jamais loin de la lumière la plus vive, nourrit ses rumeurs de peur et de paranoïa à des heures tardives, sous le tranchant de la lame d'un cran d'arrêt, à vos risques et périls, derrière les guirlandes d'acier d'une maison d'arrêt ou sur un disque vinyle.

Refrain
Considère moi comme une bombe dont tu as allumé la mèche, et qui égrène les secondes d'une saison blanche et sèche.

[Hamé]

Je suis l'ombre sur la mesure, à la pointe d'une écriture, l'ombre de ces murs aux milles blessures que des bouches murmurent, entre deux rondes furibondes du bleu criard ou blafard d'un gyrophare. Je tisse ma toile noire sur des cœurs hagards, et je traîne mes guêtres sous les fenêtres de ces ruelles qui ont le lèpre, au carrefour de la cour des miracles en débâcles, sous les arcades malades où crissent les voix croisées de la faim et du vice. Je suis l'ombre cerclée de grilles rouillées, verrouillées sur une aire où rien ne brille, où les corps se compriment, où le vue décline et où les brigadiers fulminent. Regarde ces silhouettes grises dont les rêves gisent sur le pavé couvert de pisse, elles poussent toutes la même porte en crachant sur le trottoir de leurs illusions mortes. Nous n'avons à perdre que nos pensées ternes, te diront-elles avec le feu dans les yeux de ceux qui sont prêts à tenter la diable pourvu qu'il garnisse leurs tables, et conjure la misère, le fer et la pierre qui les enserrent. Je suis l'hombre sur la mesure et je sature dans les graves de cette basse qui monte d'une cave, parmi la crasse et l'éther, d'une trop vieille poudrière.

Refrain

Paroles et musiques : La Rumeur

Posté par fightthenorm à 00:06 - Musique - Rétroliens [0]

17 janvier 2007

La chanson de la semaine (Des pays, Mano Solo)

Toutes les semaines, un nouveau morceau pour vous accompagner sur Libertalia. Révélé au grand public grâce à l'album "la Marmaille nue" en 1993, Mano Solo, pour ceux qui l'ignoreraient, est le fils du dessinateur Cabu. Elevé dans un milieu politisé et intellectuel, il est l'un des artistes français les plus talentueux, mais demeure relativement confidentiel dans les médias. Site officiel

dehors

Il y a sûrement des pays qui valent le coup
Il y a sûrement des routes qui mènent un peu partout
Il y a sûrement des enfants rebondissant sur le ventre des éléphants
Il y a sûrement des moutons que lèon compte à reculons
Des océans pour serrer la pince aux crabes géants
Il y a sûrement des pandas pour ne dépendre de rien
Et des pourquoi pas qui durent jusqu'à demain
Il y a sûrement des serpents charmeurs à qui faire confiance
Militants pour l'abolition de la souffrance
Et des lions qui ronronnent en canon
Il y a sûrement du vent qui te rentre entre les dents

Petit à petit mon appétit grandit de découvrir la vie

Il y a sûrement des yeux noirs au blanc d'ivoire
Qui te racontent mille histoires
Et des pays sans violence où vivre une éternelle enfance
Des pays où le grand air fait vibrer la moindre prière
Des précipices où ne pas faire attention
Des centaines de pistes qui ne mènent pas au béton
Des moussons déversant de douces illusions
Des inondations pour noyer les têtes de cons
Il y a sûrement des lumières pour ne pas prendre ombrage
Devant la lune si fière de montrer ses avantages
Des chiens qui gaiement t'ouvrent ton chemin
Et des malandrins qui jamais ne te volent jamais rien

Petit à petit mon appétit grandit de découvrir la vie

Paroles et musique: Mano Solo

Posté par fightthenorm à 20:02 - Musique - Rétroliens [0]


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